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Tout d'abord, un grand merci à ma May d'amour ♥
Et puis à mon Paulochon

Bonne lecture...
# Posté le mercredi 23 juillet 2008 16:47
Modifié le samedi 26 juillet 2008 08:42

#1

(Un soir, après un coup de fil)

Estel est assis par terre et tiens sa tête entre ses mains. Comme d'habitude, je me débarrasse de ma veste en vitesse, et le prend dans mes bras.

Sa chambre est sans dessus dessous ; des affiches ont été arrachées avec violence et des livres projetés contre les murs. La chaine Hi-fi joue une chanson depuis bientôt une demi-heure ;

~ * In the nightside of Eden, we born again...
Dead... * ~


Je l'aide à se relever, le fait asseoir sur son lit et attend qu'il se décide à parler.

« J'en peux plus... il se tourne vers moi, les yeux rouges et les joues inondées de larmes, je crois que j'vais mourir...
- Arrête... »

J'ai toujours eu horriblement peur quand il me parlait de mort. Surtout de la sienne, en fait.

« Arrête quoi ? me reprend-il. Quand je suis heureux y'a toujours un truc pour me faire redescendre. Toutes les fois où j'ai... essayé, ça n'a jamais marché... Pourtant c'est pas compliqué. Même pour ça, j'y arrive pas... J'suis bon à rien, je comprend pas pourquoi tu...
- Putain, Estel ! je m'emporte, au bord des larmes. Je t'ai déjà dit que si t'étais encore là, c'est pas pour rien... Tu... Tu peux t'en sortir... C'est pas à cause de ça que... »

Il pose sa tête sur mon épaule.

« Est-ce que tu penses à toutes les personnes que tu aurais pu laisser... ? J'essuie une larme et renifle bruyamment.
- Tu parles. C'est pas mes parents que ça aurait dérangé...
- Et tes amis ? Je demande, en espérant le faire comprendre.
- J't'ai déjà expliqué...
Vexée, je tente alors le tout pour le tout ;
- Et moi, bordel !? »

Qu'est-ce qu'il y a en dessus de la honte ? Ah, oui, désir de mourir instantanément.
Estel me fixe de ses grands yeux bruns, l'air un peu surpris.

« C'est bon, te fatigue pas » je lâche, détournant la tête. Mes yeux se posent sur un poster de HIM. Linde, c'était le premier point commun que nous nous étions trouvés...
Un peu en dessous se trouve un petit drapeau blanc avec une croix bleue... « Suomi ».

~ ... And descend to the circle number four
Where we are nothing
In the Nightside of Eden... ~


Il me prend dans ses bras.

~* Forever we are
Forever we've been
Forever we'll be crucified to a dream... *~


« Toi... »

Evidemment, trop de romantisme tue le romantisme ; son téléphone portable se met à vibrer.
Il se détache doucement de moi et lit le message. Quelques secondes plus tard, il me regarde avec un sourire affreusement niais :

« Gee ! C'est elle ! Elle me dit qu'il serait peut-être temps qu'on arrête de se faire la tête... »

Mon c½ur retombe lourdement dans ma poitrine. « Elle »... Je ne connaissait ni son nom, si son visage, mais je la détestais. « Elle » était parfaite, « Elle » était gentille, « Elle » était belle et « Elle » serait bientôt à lui.

Je lui grimace un sourire :

« Oh, c'est super...
- Tu crois que j'l'appelle ?
- Je... »

Le portable se remet à vibrer.

« Elle propose qu'on se voie chez elle demain ! J'devrais peut-être en profiter pour... »

Je n'ai pas le courage de l'écouter finir sa phrase.
Blessée, je me lève, reprend ma veste et lui balance :

« Bon, j'vais y aller. Tu vas mieux et May va s'inquiéter si j'tarde trop... »

J'atteins la poignée de la porte quand Estel me retiens par le bras et m'attire contre lui.

« Merci ma Gee. T'es la seule à qui je peux parler comme ça... Je t'aime. »

La nuit était tombée depuis déjà quelques minutes et je n'avais pas eu l'envie de rentrer dans l'appartement que Marion, ma meilleure amie depuis sept ans, et moi partagions. De toute façon, elle ne restait jamais seule quand je m'en allais. Nolan devait sûrement être avec elle. A moins que ce ne soit Fred. Ou Clément, peut-être... ?
Bref, je restais assise là, à même le sol, dans un coin de la rue où habitait Estel. Une fois mes larmes séchées, une idée me vient...
# Posté le mercredi 23 juillet 2008 17:02
Modifié le jeudi 24 juillet 2008 13:17

#2

Je passe le portail d'une jolie petite maison puis me rend dans l'arrière-jardin. La fenêtre est ouverte, tant mieux ; je l'enjambe et atterris dans une pièce assez petite et très meublée (pour ne pas dire très en bordel). Je m'installe sur le lit et attend patiemment en m'imaginant faire la conversation à une statuette de Mister Osbourne qui me fixe bizarrement.

Au bout de quelques minutes, la porte s'ouvre.

« T'en mets du temps Tony ! Toi, si sportif d'habitude... Oh, c'est gentil de m'avoir apporté une boisson, mais j'ai pas soif. Et puis j'bois pas ces trucs. C'est pour les endormis. Et ça m'ferait peur de devenir aussi psychopathe que toi, c'est pas bon pour le cerveau...
- Putain Gee, tu m'as fait peur. Tu connais pas les portes d'entrée ?
- J'ai la flemme de rentrer chez moi.
- J'ai la flemme de te garder ici. »

Je m'allonge de tout mon long en prenant grand soin de mettre mes grosses Doc Martens sur les couvertures.

« J't'ai dit que tu pourrais jamais m'énerver, me dit-il en s'affalant sur la chaise de son bureau et en décapsulant sa boisson. C'est beau tant d'espoir, quand même. Non, vraiment. Mais d'un côté je te plains, c'est tragique, tous ces efforts pour rien. Ouah, j'fais des rimes... »

Je me relève et lui arrache des mains la canette d'Energy drink qu'il s'apprêtait à entamer.

« T'es déjà pas bien arrangé, tu veux griller tes derniers neurones ? »

Je la lance par la fenêtre.

« T'es cruelle, Gee.
- Normal, j't'ai pris comme modèle.
- Ouais. Bon, c'est pas tout mais j'm'étais prévu une soirée télé, moi...
- Quelle manière élégante de me demander de bouger mes fesses de chez toi. Je suis tellement émue, j'vais tomber dans les pommes. Qu'est-ce que t'avais prévu de regarder ? »

Il prend un air détendu, me regarde avec un grand sourire et répond :

« Un live des BB Brunes. »

Vingt minutes de marche et trois étages plus tard, je rentre enfin chez moi.


La porte est ouverte ; May est donc bien là. Je réfléchis quelques instants : l'idée de la trouver en charmante compagnie et en petite tenue ne me ravis pas beaucoup. Oh et puis, tant pis, ce sera le moment parfait pour lancer une super réplique qui tue tout.

J'entre.

« Gnéééé... » Fait une voix endormie. Une voix endormie et... masculine ?!
# Posté le mercredi 23 juillet 2008 17:11
Modifié le jeudi 24 juillet 2008 13:18

#3

J'allume la lumière et contemple le délicieux spectacle qui se trouve devant moi ; May est complètement avachie sur Nolan et celui-ci essaie de reprendre ses esprits. Difficilement, vu la sale tête qu'il tire.

« Tiens, Poseur-Branleur couche par terre maintenant !
- Et merde... Va t'faire foutre, Pot-de-Peinture ! »

J'l'aime bien.

« May, j'peux savoir ce que vous faites par terre à minuit moins dix, l'un sur l'autre et habillés ? »

La jeune rouquine se relève lentement en se tenant la tête.

« Euh... Sais plus... Dodo. »

J'interroge Nolan du regard ; celui-ci me répond par un haussement d'épaules. Nous regardons May se trainer jusqu'à la porte de sa chambre en râlant sans un seul échange.

« Bon, moi j'rentre, me dit-il en se relevant.
- Dépêche-toi, j'ai assez vu ta tête pour aujourd'hui.
- Espèce de naine.
- Gay.
- No-brain.
- A un prochain PK mon chou !
- C'est ça. Fais de vilains cauchemars ma petite traînée ! »

Sans plus de cérémonie, Nolan sort de l'appartement et je me retrouve seule dans la grande pièce.


I was lost in a contraption
Took me days to find direction
Suddenly the moments collide...
# Posté le mercredi 23 juillet 2008 17:14
Modifié le jeudi 24 juillet 2008 13:18

#4

Le lendemain, au réveil, je trouve Marion allongée dans le canapé, les cheveux en bataille, à peine habillée avec une assiette sale sur le ventre.

« Slurp ma May. Qu'est-ce que tu regardes ?
- Les feux de l'amouuuur, me fait-elle, l'air complètement affligé. Oh, mais Brandon, penses-tu à ma pauvre s½ur Kelly qui est morte dans un accident de calèche ? Tu n'as pas mis longtemps à faire ton deuil, et je vois bien que cette peste de Cindy te tourne autour... ! »

J'éclate de rire, ça fait vraiment du bien. J'ai vraiment la meilleure amie du monde...

« Tu es allée chez Estel, hier ? » m'interroge-elle.

Elle se redresse pour me laisser la place de m'asseoir près d'elle.

« Oui... je répond, le c½ur comprimé.
- Attends, laisse-moi deviner. C'est à cause de la pétasse ?
J'acquiesce.
Et merde ! S'énerve-elle. Ce mec n'a vraiment aucun tact. Effrayant.
- Oui, bon. Tu devrais te préparer, j'ai invité... »

Je suis coupée par la sonnette d'entrée.
May me regarde alors avec des yeux aussi ronds que... euh, j'sais pas vraiment en fait. J'avais rien vu d'aussi rond jusque là.

« ... Paul et Clément.
- Clem' !? s'écrie-elle. Gee, cette fois c'est officiel, j'te déteste ! »

Elle me balance son assiette et s'en va dans sa chambre à toute vitesse.

May... mais qu'est-ce que j'ferais sans toi ?

A peine ai-je ouvert la porte que Paul me saute au cou :

« Delphouuuuuuu' ! Comment tu vas ? Ouah, c'est super joli ici ! Elle est où Marionnette ? Punaise, c'est vachement grand... »

Alors qu'il entame une visite de notre logement, je salue Clément et vais chercher la dite Marionnette.
Je passe la tête par la porte de sa chambre :

« May, j'ai une super idée. Et si tu te dépêchais ?
- Ecrase Gee ! C'est d'ta faute ! Et zut, j'ai encore perdu mon mascara... »

Je lève les yeux au ciel.

Une demi-heure plus tard, nous nous retrouvons tous dans le petit parc situé non loin de l'appartement.
# Posté le mercredi 23 juillet 2008 17:17
Modifié le jeudi 24 juillet 2008 13:19